Chapitre 1: La conscience - Philosophie Terminale D | DigiClass
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La conscience

I.  Nature de la conscience

A.  La conscience morale

               Bonne conscience, mauvaise conscience, la conscience apparaît comme une voix intérieure qui approuve ou qui désapprouve nos actes. Elle contrôle la spontanéité des instincts ou désirs de l’homme. C’est pourquoi Jean Jacque Rousseau en fait un instinct divin, juge infaillible du bien et du mal apparentant l’homme à Dieu et faisant ainsi son excellence. « Conscience ! Conscience ! instinct divin immortel et céleste, voix, juge assuré d’un être ignorant et borné ».

B.  La conscience psychologique

               La conscience se définit comme la capacité immédiate d’être présent à soi-même et au monde, avec une connaissance plus ou moins claire qui l’accompagne. « C’est ce par quoi je suis et je sais qui je suis ». Comme le remarque Hegel : « Les choses de la nature sont seulement immédiatement et une fois, l’homme en tant qu’esprit se dédouble ». La conscience dote l’homme d’une double existence : existence en soi en tant que corps parmi les corps, existence pour soi c’est-à-dire avoir une représentation de soi-même et du monde.

C.  La conscience pensée

               La conscience est perçue comme une réalité intérieure, « un fait intérieur » constituant l’essence de l’homme.

               Ainsi l’expérience cartésienne de la conscience procède d’un doute hyperbolique couronné par une vérité première : cogito ergo sum, je pense donc je suis. La conscience chez Descartes s’identifie à la pensée et la pensée est l’essence de l’homme, une chose pesante, rais cogitas.

               Aussi selon Blaise Pascal (1623 – 1662) la grandeur de l’homme réside dans la pensée : « L’homme n’est qu’un roseau le plus faible de la nature, mais un roseau pensant »..

D.  La conscience : intentionnalité

              Comme chez Descartes, Edmund Husserl (1839 – 1938) saisie la conscience grâce à une expérience spirituelle de mise entre parenthèse. Mais pour le phénoménologue Husserl, la conscience ne peut constituer une pure intériorité : « Toute conscience est conscience de quelque chose ». Toute conscience est corrélative d’un objet, tout cogito comporte son cogitatum.

II.  Genèse de la conscience

A.  La conscience : produit social

               Le cerveau est l’origine et non la source de la conscience. Sous peine de tomber dans un biologisme réductionniste. Pour les sociologues la société joue un rôle déterminant dans la formation de la conscience. Nos manières d’agir, de penser, de sentir, traduisent bien souvent le reflet de la société sur l’individu, la pression de la conscience collective sur la conscience individuelle. Selon Emile Dickien (1858 – 1917) : « La raison n’est qu’un autre nom donné à la pensée collective ». Aussi Karl Marx déclare : « Je n’ai pas en conscience des hommes qui déterminent leur être mais leur être social qui détermine leur conscience ».

B.  La conscience : processus psychologique

               A travers le processus de renaissance de soi et du monde environnant, la conscience décrite chez l’adulte apparaît comme le résultat d’un processus d’organisation où se conjuguent la maturation individuelle et l’influence social. En effet la psychologie génétique est l’étude du développement de l’enfant de la naissance à la puberté.

          Le développement psychomoteur désigne la croissance, c’est-à-dire le poids, la taille, la motricité et aussi le domaine sensoriel. A la naissance c’est d’abord par l’odorat que l’enfant reconnait sa mère et son milieu.

          Le développement de l’intelligence comprend quatre périodes :

  • Période Sanson-motrice (0 - 2 ans) la succion
  • Période préopératoire (2 – 6 ans) caractérisé par la pensée intuitive
  • Période des opérations concrètes (6 – 11 ans) caractérisent la présence matérielle des choses
  • Période des opérations formelles (11 – 17 ans) ou l’enfant devient capable d’abstraction, d’imagination, de rationalité et de créativité.