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LE NON-ALIGNEMENT

I.  Introduction

Après 1945, un grand mouvement de décolonisation conduit à l’indépendance de la plupart des pays d’Asie et d’Afrique, jusque-là dominé par l’Europe. Ces pays adoptent à partir de 1955 une politique de neutralité vis-à-vis des deux blocs antagonistes. Cette politique de neutralité prit le nom de non-alignement.

II.  Origine et évolution du mouvement

A.  la naissance du mouvement

Les Nations d’Asie déjà indépendantes et les peuples d’Afrique prennent conscience au milieu des années 50 de la similitude de leurs problèmes. Ils tentent alors de s’associer pour rejeter le colonialisme et l’impérialisme qui ne leur laisserait qu’une indépendance de façade. Cette volonté d’union se traduit à travers l’organisation de plusieurs conférences afro-asiatiques dont la plus importantes est celle de Bandung qui consacre la naissance du tiers monde. En effet en Avril 1955, 29 pays d’Afrique (6 : Libéria, Gold Coast, Ethiopie, Soudan, Libye, Egypte) et d’Asie (23 pays) se réunissent dans la ville indonésienne de Bandung afin de renforcer leurs liens et mieux défendre leurs intérêts. Les participants posent le principe d’égalité entre tous les Etats grands et petits, condamne le racisme, la colonisation et rejette toute idée de partage du monde en deux blocs.La conférence a un retentissement énorme car elle marque l’irruption du tiers monde dans les relations internationales. (RIN). Désormais le tiers monde n’est plus seulement un enjeu mais se veut être un acteur de la scène internationale. Cette conférence est marquée par de grandes personnalités comme Nehru, Nasser Tito et Soekarno.Après Bandung d’autres conférences sont organisées afin de mieux défendre les intérêts du tiers monde. En 1956, à la conférence Brioni le concept de non-aligné est évoqué par N, NT (Nehru, Nasser Tito), mais le terme apparaît officiellement à la conférence de Belgrade en Septembre 1961. Sous l’instigation du président Yougoslave Tito 25 pays se réunissent à Belgrade du 1er au 6 Septembre 1961.Cette conférence marque la naissance du mouvement de non-alignement.Le non-alignement exprime la volonté des Nations nouvellement indépendantes d’affirmer leur existence face aux grandes puissances.Recherchant une voie médiane entre la domination des Etats Unis et elle de l’URSS, ce mouvement prétend à un rôle d’arbitre entre les deux blocs. Le non-alignement se distingue de la neutralité en ce sens qu’il implique une participation active dans les relations internationales, notamment au travers de l’ONU. Ainsi la conférence de Belgrade invite les deux grands à entrer en contact afin d’éviter un conflit mondial, rejette la bipolarisation et l’idée que la guerre, notamment la guerre froide soit inévitable. Elle prône aussi la nécessité d’une coexistence pacifique, préconise un désarmement total et affirme le droit des peuples à l’autodétermination, à l’indépendance ainsi qu’à la libre disposition de leurs richesses. Elle réclame par ailleurs la création sous l’égide de l’ONU d’un fond d’équipement pour venir aide aux Pays en voie de Développement. 

B.  l’évolution du mouvement

Le mouvement s’agrandit avec l’adhésion de nouvel Etats d’Europe Orientale et méridionale, d’Asie de l’Afrique et de l’Amérique Latine. Créé dans le contexte de la guerre froide, le mouvement a dû trouver un nouveau souffle à son issu suite à l’effondrement de l’URSS en 1991. Cette disparition de l’URSS conduit les pays non-alignés à refuser avant tout de s’aligner sur la politique des Etats Unis et à exprimer leur opposition à l’Unilatéralisme américain dans la résolution des crises contemporaines. La réforme de l’ONU (élargissement du conseil de sécurité et augmentation des pouvoirs de l’Assemblée Générale) apparaît en outre comme leur principale revendication. Le mouvement connait en son sein des divergences idéologiques entraînant le départ de certains Etats tels que Malte et Chypre en 2004.Le mouvement reste dynamique en dépit de cela. En 2008, il regroupait 118 Etats et 17 Observateurs. Depuis 2011, son secrétaire général est l’égyptien Mohamed Hussein Tantawi. Depuis sa création il a tenu 15 congrès dont le dernier a lieu à Charm El-Cheikh (Egypte) du 11 au 16 Juillet 2009.   

III.  Les problèmes du mouvement

A.  Les problèmes politiques

En dépit de la volonté des pays membres de constituer un front commun contre l’exploitation néocoloniale, il reste marqué par de nombreuses divergences politiques. En effet le front politique commun prôné est un échec dans la mesure ou le mouvement se divise entre ceux qui prônent un non-alignement authentique (Libye de feu Kadhafi) et eux qui affiche leur sympathie prosoviétique (Cuba, Vietnam…). Au sein du mouvement la montée des divergences et le nationalisme provoque la multiplication des conflits armées localisés à l’image de celui entre l’Iran et l’Irak (1980 à 1988) et de l’Ethiopie contre la Somalie (1983 à 1989). Ces conflits remettent en cause les principes de paix prônés par le mouvement à sa naissance. Après la décolonisation les puissances coloniales  ont continué à entretenir des relations privilégiées avec les anciennes colonies, gardant ainsi une certaine suprématie politique sur ces Etats.

B.  Les problèmes économiques

Les pays du mouvement des non-alignés restent économiquement dominés par les Etats Unis et les anciennes puissances coloniales. Malgré leurs richesses naturelles, ces Etats sont sous-développés et comptent sur l’aide étrangère occidentale. La dette extérieure affaiblit également la position de ces Etats sur certaines questions. Depuis la disparition de l’URSS et avènement de la mondialisation, l’économie de ces Etats connaît de nombreux problèmes. La faiblesse de la production locale et l’ouverture des marchés entrainent un pillage économique systématique de ces pays.

IV.  Conclusion

Malgré la conférence de Bandung les difficultés politiques et économiques persistent.