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LES FORMES DIVERSES D'ACCESSION A L’INDÉPENDANCE EN AFRIQUE ANGLAISE : Exemple de la Gold Coast (Ghana) et de la Rhodésie du Sud (Zimbabwe)

I.  Introduction

La fin de la guerre correspondant avec le réveil des leaders africains réclament plus de liberté au sein des colonies. S’inspirant des luttes d’indépendance en Asie, ils organisent  pour mieux résister à l’oppression. Ces mouvements d’indépendance furent pacifiques ou violentes. En Afrique noire, la Gold Coast fut le précurseur de ce mouvement, elle sera suivie dans son action par le Nigéria. Quelles furent les grandes étapes de cette marche vers l’autonomie. 

II.  L’INDEPENDANCE DE LA GOLD COAST

A.  L’essor du nationalisme

La colonie de la Gold Coast était administrativement divisée en quatre régions: le Sud, l’Ashanti, le Nord et le Togoland. Economiquement la principale ressource de la colonie était le cacao.Le système coloniale britannique a constitué à s’appuyé sur les autorités locales c’est-à-dire les chefs traditionnels. Cette politique Britannique fini par créer des contradictions au sein de la Gold Coast avec l’émergence de l’élite instruite. En Mars 1946, le gouverneur Sir Alan Burns fut chargé d’appliquer une nouvelle constitution. Cette dernière instituait un conseil législatif composé de 21 africains et 10 européens et un conseil exécutif ou devait siéger trois africains sur 11 représentants. L’élite éclairée remit en cause cette constitution car elle favorisait pour elle l’autorité des chefs traditionnels alliés du pouvoir colonial. 

B.  N’Krumah et la lutte pour l’indépendance.

En juin 1949, N’Krumah se brouille avec les dirigeants de l’UGCC, il créa ainsi la Convention  People’s Party (CPP). La CPP très dynamique devient le moteur de la lutte pour l’indépendance. L’ambition du parti est de lier les aspirations économiques des populations au mouvement de libération national.

A partir de Novembre 1949, la CPP appel à la désobéissance civile afin de contraindre les autorités britanniques. A partir de Janvier 1950, elle est soutenue par les syndicats, qui déclenchent une grève générale et les anciens combattants défilent dans les rues. Cette situation créa le désordre dans le pays. Le gouvernement Britannique répliqua en coupant le ravitaillement créant ainsi la misère. Le mouvement fut alors stoppé, les leaders syndicaux et ceux du CPP furent jetés en prison.A cela il convient d’ajouter la crise économique et sociale que traverse la colonie à la suite de la chute du prix du cacao et l’inflation de celui des produits importés. Les anciens combattants revenus de l’Asie qui venaient d’être libérer prirent le devant des revendications.

Les opposants au système colonial se regroupèrent autour du Docteur JB Duanquah   pour l’United Gold Cost Convention (UGCC) en Août 1947 avec Francis Kwame N’ Krumah comme secrétaire. Ce regroupa derrière lui la jeune masse éclairée. En 1948 les leaders du nouveau parti seront jetés en prison à la suite de troubles éclatées à Accra. Malgré cela la CPP remporta les élections municipales de 1950. Les britanniques face à cette situation décidèrent alors d’élaborer une nouvelle constitution dès Décembre 1950.

Le Conseil législatif fut transformé en Assemblée nationale. Le conseil exécutif autre fois organe consultatif sous l’autorité du gouverneur britannique devient l’élément principal de gouvernement et sur ses 11 membres, 08 étaient africains.

En 1951, N’ Krumah libéré de prison entre dans le gouvernement. En Mars 1952, il devient premier Ministre. En 1954, une nouvelle constitution est élaborée, elle accordait plus d’autonomie à la colonie. Mais cette nouvelle constitution est remise en cause par les chefs Akans représentés par (National Libération Mouvement) NLM et les hommes du Nord représentés par la NPP. Les opposants à la constitution voulaient d’une constitution fédérale.

La CPP fut donc obligée de réaménager la constitution afin d’accorder plus d’autorité aux régions décentralisés, tout en respectant les droits des minorités et des chefs. Le

06 Mars 1957, l’indépendance de la colonie fut proclamée. De commun accord avec Danquah, N’ Krumah donne au Jeune Etat, le nom de Ghana en souvenir du premier grand empire Soudanais du moyen âge. 

L’indépendance du Ghana influence très vite l’évolution des autres colonies, notamment de l’actuel Zimbabwe.

III.  L’INDEPANDANCE DE LA RHODESIE DU SUD ACTUEL ZIMBABWE

A.  L’essor du Nationalisme

La Rhodésie du Sud  formait avec la Rhodésie du Nord et le Nyassaland les trois colonies britanniques de l’Afrique centrale la Grande Bretagne encouragée par la minorité blanche dans ces colonies décida de la création de la fédération de l’Afrique centrale regroupant les trois colonies. Mais les africains s’opposent au pouvoir unique trop imposant dont disposait la minorité blanche dans le cadre cette fédération. Des mouvements politiques furent alors créés dans chaque territoire africain afin de lutter contre la fédération. Ces luttes aboutirent à la suppression de la fédération par le parlement britannique le 31 Décembre 1963. Cette suppression entraîna la fin de la colonisation au Nyassaland le 06 Juillet 1964 et en Rhodésie du Nord le 23 Octobre 1964. Le Nyassaland prit le nom de Malawi tandis que la Rhodésie du Nord devenait la Zambie.En Rhodésie du Sud, la situation évolua différemment à partir de la dislocation de la fédération.

B.  l’indépendance de la Rhodésie du Sud

Le racisme Sud Rhodésien se renforça depuis la fin de la fédération. La minorité blanche engagea une lutte violente contre toute forme de nationalisme africain. En 1962 le Parti National de Joshua N’komo fut dissout. Joshua N’komo crée le Zimbabwe African People’s Union (ZAPU). Le pasteur Sithole crée à son tour la Zimbabwe African National Union (ZANU).En Avril 1964, Ian Smith prit la tête de la Rhodésie et accentua la lutte contre les indigènes. Il réclama l’indépendance immédiate de la Rhodésie. En Novembre 1960, il proclama l’indépendance immédiate de la Rhodésie, la Grande Bretagne  rejeta cette indépendance. Le régime appliqua un système d’apartheid. En 1970, les luttes nationalistes se transformèrent en guérilla soutenu par la Zambie, le Botswana et le Mozambique. En Novembre 1974, Smith libéra les leaders rhodésiens : N’Komo,Mugabe et Sithole. Après l’échec de la conférence de Genève (Octobre-Décembre 1976), la Grande Bretagne réuni les différents leaders du conflit à Londres pour des négociations entre le 10 Septembre et le 21 Décembre 1979. Elles aboutissent à de nouvelles élections et à la fin de la guérilla dirigée par le front patriotique (ZAPU et ZANU). Ces élections sont organisées en Février 1980 et fut marquée par la victoire du ZANUPF de Robert Mugabe. Le 18 Avril 1980, Mugabe proclama l’indépendance de la Rhodésie qui prit le nom de Zimbabwe.